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Bonnes habitudes de travail: les stratégies d’études plus importantes que le temps d’étude!

Par: Frédérique Escudier, Ph. D.

18 août 2020

Les recherches montrent que le temps d’étude n’est que faiblement relié aux résultats scolaires et que les stratégies d’étude les plus populaires (relire les cours, surligner les concepts importants, etc.) ne sont pas les plus efficaces. Il est donc possible d’améliorer ses résultats non pas en doublant son temps d’étude, mais en utilisant les stratégies qui fonctionnent réellement! On vous présente ici quelques-uns des plus grands défis des étudiants et les stratégies pour les surmonter. 

Vaincre la procrastination : commencer par un petit pas

Devant un gros projet ou un projet qui nous rend anxieux, nous avons souvent tendance à remettre à plus tard le moment de nous y mettre. Plus les jours passent, plus le temps disponible pour effectuer la tâche se réduit et plus la tâche nous semble insurmontable.
Ce qui est difficile ici est de commencer la tâche. Psychologiquement, la continuer demande en effet moins d’effort que de la débuter. C’est pourquoi il nous sera plus facile de nous y remettre une fois que le travail sera amorcé. Il faut donc ici « piéger » son cerveau en lui faisant faire une petite action qui permet de débuter la tâche. À cette fin, on utilise la règle des « deux minutes ». 

Comment faire:

Prenez une tâche et décomposez-là pour trouver la première micro-étape qui ne durera pas plus de deux minutes. Vous avez un examen à préparer? Ouvrez votre leçon et créez une première carte-éclair (flashcard) sur la première notion à mémoriser. Maintenant que vous avez commencé, vous vous apercevrez qu’il vous demandera moins d’effort de continuer à étudier votre leçon. 

Se concentrer plus longtemps grâce aux micro-pauses

Il est difficile pour notre cerveau de rester concentré sur une longue période de temps, surtout si l’on fait une tâche répétitive (de la lecture) ou très exigeante (comprendre un contenu de cours ardu). Une des solutions pour pouvoir travailler sur une longue période de temps est de donner régulièrement à notre cerveau de très courtes pauses, appelées « micro-pauses », pour lui permettre de refaire le plein d’énergie. Après cette micro-pause, notre cerveau fonctionnera de façon plus optimale. On mémorisera alors plus facilement, on fera moins d’erreurs d’inattention et il nous sera plus facile de raisonner.

Comment faire: 

Choisissez la longueur des cycles qui vous convient selon l’exigence de la tâche. Vous pouvez, par exemple, faire des séances de travail de 25 minutes avec des pauses de 5 minutes ou des séances de travail de 50 minutes avec des pauses de 10 minutes. Pour vos pauses, choisissez une activité qui vous donne du plaisir et si possible qui vous fait bouger, puisque l’on est généralement inactif lorsqu’on travaille. Vous pouvez ainsi aller vous préparer une boisson, écouter une chanson que vous aimez, passer un court appel téléphonique à un ami ou sortir prendre l’air quelques instants.

Pour bien rythmer les séances d’études et les moments de micro-pause, et ne pas prendre le risque de laisser les pauses s’éterniser, on peut utiliser une application de type Pomodoro. C’est un minuteur dans lequel on entre les longueurs d’étude et de pause que l’on souhaite et qui nous avertit d’une sonnerie à chaque fois que la prochaine séance d’étude ou prochaine la pause doit débuter.

Mémoriser l’information plus efficacement en s’autoévaluant

Les recherches montrent que lorsqu’on étudie de façon passive, par exemple en relisant un cours, on retient peu d’information de notre lecture. Pour mémoriser l’information efficacement, il faut faire travailler notre cerveau de façon active. Avoir le sentiment que l’on fait des efforts lorsqu’on étudie est un signe que le cerveau est en train d’apprendre! Une méthode efficace pour mémoriser l’information est de s’autoévaluer. Lorsqu’on fait un effort pour aller chercher une information dans sa tête, on est en fait en train de la mémoriser. De plus, on crée un lien entre la question que l’on se pose et la connaissance qui permet d’y répondre. Grâce à cet exercice, il nous sera facile de trouver la réponse voulue dans un examen, car on aura établi le lien entre la question et la réponse. L’information nous viendra donc rapidement et facilement en tête.

Comment faire:

On peut créer des cartes-éclairs (flashcards) pour s’autoévaluer. On crée au verso des cartes des questions sur les concepts importants du cours et on note à l’envers la réponse en quelques mots. On peut ensuite classer les cartes selon la difficulté que l’on éprouve à les mémoriser et l’on pourra réviser plus fréquemment les cartes plus difficiles et gagner du temps en mettant de côté les notions qui sont solidement ancrées en mémoire. 

Mieux comprendre un texte en se demandant « Pourquoi est-ce vrai? »

Il existe une question très efficace pour améliorer sa compréhension des textes des manuels scolaires et des textes scientifiques. Se demander « Pourquoi-est-ce vrai? » lorsqu’on lit des affirmations dans ces types de texte nous force à trouver les explications sous-jacentes. Cela permet de:

  • vérifier sa compréhension du texte;
  • réactiver ses connaissances antérieures;
  • améliorer sa mémorisation du texte en reliant la nouvelle information du texte à ses connaissances.

Comment faire:

On peut se poser cette question quand on lit des affirmations ou lorsqu’on sent qu’on ne saisit pas bien un passage du texte. En voici un exemple:


[Citation qui est dans l’image] 
Iwasa, J., et Marshall, W. (2018). Biologie cellulaire et moléculaire de Karp, De Boeck Supérieur, p. 6.  

Avec ces quatre stratégies à mettre en pratique dès la rentrée, vous serez outillé pour apprendre plus efficacement. Bonne session! Pour en savoir plus sur les meilleures stratégies d’étude validées par la science, consultez Savoir apprendre pour réussir - Les meilleures stratégies validées par la science, disponible en version imprimée ou en version numérique.


 

 

Frédérique Escudier, Ph. D.
Détentrice d’un doctorat en neuropsychologie, membre de l’Ordre des psychologues du Québec, Frédérique Escudier a acquis une solide expertise en tant que neuropsychologue en travaillant auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes aux prises avec des difficultés d’apprentissage. Elle est maintenant directrice scientifique de l’Institut des troubles d’apprentissage et présidente de l’Association québécoise des neuropsychologues. Auteure au sein de Pearson ERPI, elle signe avec Karen Debas, Ph. D., Savoir apprendre pour réussir – Les meilleures stratégies d’étude validées par la science.
 

Tags: étude, Frédérique Escudier, habitudes, Savoir apprendre pour réussir, stratégies, travail

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