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Décourager la fraude dans les cours en ligne

Par: Diane Hollister, conseillère pédagogique pour l’enseignement supérieur, Pearson

21 mai 2020

La fraude ne date pas d’hier. De nombreux étudiants trichent, de différentes manières. À une époque où de plus en plus de cours se donnent dans des environnements en ligne, on peut se demander si l’absence de l’enseignant dans la classe favorise la fraude. Quoi qu’il en soit, la technologie change certainement les méthodes employées.

Lors d'une étude menée en 2017 par Kessler International, 76 % des étudiants interrogés ont déclaré avoir copié sur un camarade. Un pourcentage légèrement supérieur d’étudiants, soit 79 %, ont admis avoir plagié des sources Internet. Enfin, environ 72 % ont répondu qu’ils avaient utilisé des appareils mobiles pour tricher.

Étonnamment, 42 % des étudiants ont avoué avoir acheté des dissertations ou des devoirs personnalisés en ligne et 28 % ont admis avoir payé quelqu'un pour faire leur travail en ligne.  Malheureusement, nombreux étaient les étudiants qui ne voyaient pas de problème au fait de frauder.

Les cégeps et les universités recourent à diverses stratégies pour limiter la fraude. En voici un certain nombre.

Définir clairement la fraude et établir des attentes

Cela peut sembler évident, mais faire savoir aux étudiants que vous êtes au courant de l’existence de la fraude et que vous la prenez au sérieux peut contribuer à contenir le phénomène. Si le devoir que vous leur donnez à faire ne nécessite pas l’utilisation du téléphone pour accéder à des applications ou à diverses ressources, demandez-leur de laisser leurs appareils hors de portée.

Élaborer une politique sur l’intégrité dans les études

De nombreux établissements d’enseignement supérieur se sont dotés d’une politique en matière de fraude, intégrée dans leur règlement ou code de conduite pour les étudiants. C’est peut-être le moyen le plus simple de décourager la fraude. Les étudiants qui ne respectent pas la politique prennent le risque d’être renvoyés du programme d’études. Il peut être intéressant de demander aux étudiants de signer une déclaration sur l’honneur à l’occasion de leur premier devoir ou avant chaque test.

Recourir aux examens surveillés

De nombreuses écoles demandent aux étudiants de se présenter au campus ou à un centre d’examen extérieur officiel pour des examens surveillés. Les surveillants ont typiquement pour rôle de vérifier les papiers d’identité des étudiants, d’entrer les mots de passe au besoin et de contrôler ce que font les étudiants pendant les tests. Par ailleurs, des outils comme Proctor U permettent la surveillance électronique en ligne : ils enregistrent la séance d’examen pour le professeur et signalent tout problème éventuel.

Restreindre les adresses IP

Certains logiciels permettent de limiter l'accès à quelques labos du campus seulement. On les utilise souvent avec la surveillance d’examens.

Utiliser un programme tel que Lockdown Browser

Demandez aux étudiants d’utiliser un programme tel que Lockdown Browser pour les quiz et les tests. Ce type de programme sur mesure limite la navigation aux pages ou au site affichant les quiz et les tests en ligne. Il empêche les étudiants de copier ou d’imprimer les questions ou d'accéder à d'autres sites ou applications.

Utiliser un logiciel de vérification de la frappe au clavier

Un logiciel de vérification de la frappe au clavier, tel que Keystroke DNA, est sans doute l’une des méthodes technologiques de prévention de la fraude les plus courantes.

L’approche est simple. Les étudiants tapent un court énoncé. Puis le logiciel procède à une analyse. Il mesure la vitesse de frappe, le rythme et d'autres caractéristiques personnelles, de manière à créer un profil de données biométriques comportementales pour chaque étudiant. Tout travail à remettre fait l’objet d’une vérification des caractéristiques de frappe.

Intégrer un logiciel de reconnaissance de texte

Il existe des outils logiciels comme Turnitin, SafeAssign ou CopyLeaks qui permettent de lire une dissertation ou une copie d’examen dans le but d’évaluer la probabilité qu'il s’agisse d'un plagiat.

Diversifier les tests

Les étudiants s’échangent souvent d’anciens tests. Ils utilisent des sites de partage de documents d’études pour se transmettre des méthodes, des réponses, etc. Ainsi, pour prévenir la fraude, les enseignants ont intérêt à utiliser des banques de questions et à y piocher au hasard de façon à rendre moins facile l’échange des réponses.

Les enseignants peuvent aussi proposer des examens différents d’un semestre à l’autre ou créer plusieurs versions des tests et des quiz pour une classe. Intégrer des questions à développement permet de rendre plus évidente une réponse copiée sur quelqu’un d'autre. Si possible, pensez à créer des regroupements de questions, de façon à ce que tous les étudiants aient des questions similaires mais légèrement différentes.

Attribuer une note à faible coefficient aux quiz

L’attribution d’un faible coefficient de note aux quiz atténue la tentation de frauder, parce que la valeur de chaque quiz est inférieure à celle d'un examen classique. Elle permet en même temps de profiter de l’intérêt des quiz comme moyens d’évaluation.

Proposer des activités d’apprentissage collaboratif

N’hésitez pas à recourir aux activités collaboratives. Vous pouvez utiliser les médias sociaux, le partage de documents, les forums de discussion, les cybercafés, les visioconférences et d’autres outils collaboratifs pour inciter les étudiants à communiquer les uns avec les autres.

Les études montrent que la collaboration dans le cadre des cours en ligne améliore les compétences en résolution de problème de manière plus efficace que le travail en solitaire pour les diverses activités liées aux cours. Il y a peu d'intérêt à tricher ou de possibilités de tricher lors d'un travail d’équipe visant l’atteinte d'un objectif commun.

Dans le cadre d’une étude du MIT, dans les années 1990, on a interdit aux étudiants d’un cours de programmation de collaborer. Les étudiants ont tout de même travaillé ensemble, et ils sont devenus de très bons programmeurs. Le MIT en a conclu que la collaboration devrait devenir la norme dans les cours de programmation. Après tout, l’objectif est que les étudiants apprennent !

Si les étudiants apprennent mieux en collaborant et si la collaboration limite les risques de fraude, alors faire une plus grande place aux activités collaboratives dans un environnement en ligne permettra d’accroître les apprentissages et de réduire la fraude. Cela conduira à un résultat gagnant-gagnant à tous points de vue.

Utiliser les ressources existantes

Vous avez intérêt à utiliser votre système de gestion de l’apprentissage pour fournir des liens vers des ressources comme Turnitin. Cela peut souvent se faire directement avec les devoirs.

Les étudiants voient la fraude comme un moyen d’éviter d’apprendre le contenu d’un cours. Mais je dis à mes propres étudiants qu’ils auront beau tout faire pour éviter d’apprendre, je travaillerai plus dur encore pour les encourager à apprendre.

Il existe des ressources pour nous aider en ce sens. Allez voir dans les ressources de l’enseignant que propose votre système de gestion de l’apprentissage. Recherchez également les outils technologiques existants. Lisez les articles de Chronicle of Higher Education ou les publications de Learning Scientists. Enfin, parlez aux concepteurs pédagogiques de votre campus. Tous ces moyens sont d’excellentes méthodes pour trouver des outils aidant à décourager la fraude dans vos cours en ligne.

Source : Pearsoned.com

Tags: cours en ligne, distance, évaluation, Examen, fin de session

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